20 avril 2009

Accident de Three Mile Island, là aussi, très probablement un sabotage gouvernemental

Pour Three Mile Island, là, pas de problème de barres de modération en graphite qui descendent trop lentement. Et pas de problème de responsables incompétents choisi par le pouvoir centrale, ou de techniciens soi-disant mal formés. Donc, qu'est-ce qu'ils ont pu inventer cette fois pour justifier la fonte du coeur ?

Vu que le problème ne peut pas venir des barres de modérations (puisque dans le cas de Tchernobyl, on affirme à l'envie qu'un tel problème ne pouvait pas arriver avec les centrales occidentales), on peut déjà être à peu près sur qu'il vient du système de refroidissement en eau. Et on peut aussi penser a priori qu'il y a eu une longue suite d'incidents pour qu'on en soit arrivé à une fonte partielle du coeur. Et effectivement, quand on analyse ce qui s'est passé, c'est le cas.


1) Le déroulement officiel de "l'accident"

La version officielle est en gros la suivante. Effectivement, c'est le circuit de refroidissement qui a posé problème. Il y a eu une série incroyable de dysfonctionnements qui ont conduit à ce qu'il n'y ait plus assez d'eau dans le coeur, cela sans que les opérateurs ne s'aperçoivent du problème ; ce qui a conduit à une fonte partielle du celui-ci. Heureusement, les opérateurs ont fini par comprendre ce qui se passait, et on réussit à éviter une fonte complète du coeur.

Voici comment les choses se sont déroulées ce 28 mars 1979. Tout s'est passé en à peu près 3h20.


A) Les premiers instants de l'accident

(Note : il y a un petit résumé en fin de sous-chapitre, si vous voulez zapper ce passage)

Un peu avant 4 heures du matin, un problème est apparu avec un des 8 déminéraliseurs d'eau du circuit secondaire. Ce sont des citernes d'eau dans lesquelles l'eau circulant dans le circuit secondaire est déminéralisée. Il semble que ce soit fait à l'aide de perles constituées d'une résine à laquelle les minéraux se collent. Régulièrement donc, il faut enlever les perles en résine usagées, et les remplacer par de nouvelles. C'est une opération faite très régulièrement. Et jusque là, ça n'avait posé de problème que deux fois, sans jamais aboutir à une telle catastrophe.

Seulement cette fois, après avoir isolé cette citerne du flux d'eau général, le flux d'air sous pression, pourtant utilisé plusieurs fois (ainsi qu'un flux d'eau, ou de vapeur), n'a pas réussi à débloquer les perles de résine accumulées. Elles s'étaient en effet agrégées en une masse compacte. William Zewe, le superviseur, a alors appelé Fred Sheimann, un contremaitre, pour aider les 2 opérateurs affectés à cette tache à résoudre le problème.

Une telle chose n'était absolument pas inhabituelle. Ca arrivait régulièrement. Ca arrivait même si souvent qu'on avait installé sur chaque épurateur des 8 citernes des tuyaux d'air sous pression raccordés au système d'aération général. De courts jets d'air sous pressions suffisaient généralement à déloger l'agglomérat de perles de résine.

En plus du système d'aération principale, il y a un deuxième système de conduits d'air sous pression, appelé système d'instruments à air, qui était utilisé pour contrôler pneumatiquement certaines valves dans la centrale. Ce système était essentiel pour la sécurité de la centrale.

Selon la version officielle, ce que les opérateurs ne savaient pas, c'est que quelqu'un, durant la nuit, avait connecté un tuyau en plastique entre ce système d'instruments à air et une canalisation d'eau. D'après certaines hypothèses, il aurait peut-être essayé de pressuriser la canalisation d'eau, ou de connecter les deux systèmes à air ensembles. Cette connexion des deux systèmes était rendue possible par le fait que le système d'instruments à air, le système d'aération principale et les canalisations d'eau de la centrale utilisaient tous les mêmes équipements pneumatiques Chicago. La zone était assez sombre, et les équipements n'étaient pas bien étiquetés. Or, la canalisation d'eau avait plus de pression que le système d'instruments à air. Du coup, toujours selon la théorie officielle, l'eau a commencé à se déverser dans les canalisations d'air. Or, ce système d'instruments à air contrôlait pneumatiquement les valves reliant les déminéraliseurs au circuit secondaire. La fermeture des valves devait donc entrainer le blocage du flux d'eau du circuit secondaire, et aussitôt après, l'arrêt automatique des pompes du circuit secondaire.

Aussi, à 3h57, alors que Scheimann se trouvait au dessus d'un tuyau d'alimentation lorgnant les perles de résine à travers un hublot, l'eau a finalement atteint la soupape pneumatique des déminéraliseurs. Porté par la pression de l'air, il avait voyagé le long du système d'instruments à air, pour finalement entrer dans les soupapes de contrôle.

Pourtant, peu de temps après que la centrale soit entrée en activité, 5 ans plus tôt, en 1974, quelqu'un s'était préoccupé du risque éventuel d'un passage de l'eau dans le système d'instruments à air. On avait bien compris que ça conduirait les valves à se fermer. Un plan fut donc discuté pour modifier le système des valves de contrôle. Si une telle chose arrivait, les valves se bloqueraient dans leur position actuelle. Personne ne sait pourquoi, mais le câblage pour cette modification n'avait jamais été connecté.


B) De la première à la 8ème minute de l'accident : le problème du vaporisateur et du circuit secondaire

Note : il faut bien garder à l'esprit que les évènements décrits dans cette sous-partie se sont déroulés en seulement 8 minutes. Cette partie est peut-être la plus compliquée, mais en même temps la moins importante, puisqu'en fait, la plupart des problèmes ont été résolus rapidement (en 8 mn donc).

Lorsque l'eau est arrivée au niveau des valves, ou en tout cas, que la pression a été suffisamment importante, instantanément, celles-ci se sont fermées violemment. Les valves des 7 autres déminéraliseurs qui étaient restés ouverts se sont fermées en un instant. Un coup de bélier s'est produit, entrainé par le soudain arrêt du flux d'eau. Faust et Frederick ont senti le sol de salle de contrôle trembler alors que le violent choc arrachait les valves de contrôle, fissurait l'enveloppe d'une pompe d'alimentation en eau et brisait les tuyaux. Scheimann a sauté sur le coté juste au moment où le tuyau sur lequel il se trouvait se soulevait violemment. En quelques secondes, tout le bâtiment auxiliaire était rempli de vapeur.

Dans la salle de contrôle, les systèmes automatiques de contrôle de la centrale ont fonctionné de la façon prévue. Avec le système de circulation d'eau bloqué, et le système de contrôle des valves hors service, l'eau ne pouvait plus atteindre les générateurs de vapeur. Du coup, ceux-ci risquaient de s'assécher en quelques secondes et d'entrer en ébullition. Une telle chose ne doit surtout pas arriver. Parce que la trop grande chaleur entrainerait la rupture des tubes. Du coup, l'eau du circuit d'eau primaire se déverserait dans le circuit d'eau secondaire.

Pour empêcher ça, les systèmes automatiques se sont mis en action. 5 secondes après l'arrêt des pompes, la turbine génératrice d'électricité a été arrêtée. En général, ça entraine l'ouverture des valves de contournement, qui déversent alors directement le flux de vapeur du générateur de vapeur vers le condenseur, contournant la turbine.

Mais, le condenseur de Three Mile Island avait une faille légère dans son design. La vapeur venant des valves de contournement était orientée d'une telle façon que si un jet de vapeur soudain se produisait, ça devait souffler l'eau du condenseur dans la pompe à vide du condenseur. C'est exactement ce qui s'est passé. Et la pompe à vide étouffant sous l'eau, s'est arrêtée. Quand le condenseur a perdu la dépression due au vide, il n'a pas pu accepter la vapeur plus longtemps. Du coup, le système de contournement s'est arrêté.

Avec le condenseur hors-service, des tonnes de vapeur d'eau devaient toujours s'évacuer. Aussi, un ensemble de gicleurs externes, appelés déchargeurs atmosphérique, se sont ouverts, envoyant le flux de vapeur vers l'extérieur de la centrale, avec un rugissement assourdissant qui a été entendu à des kilomètres. Des habitants des environs de Middletown et Royalton ont été réveillés par ce premier signe externe de problèmes sur l'ile.

La perte d'alimentation en eau signifiait que la chaleur du réacteur n'avait nul part où aller. Aussi, la température et la pression ont commencé à augmenter. Détectant ça, le système de contrôle a arrêté le réacteur (là aussi 5 secondes après l'arrêt des pompes), et en quelques secondes, toutes les barres de contrôles étaient descendues.

Cependant, le coeur d'un réacteur ne se refroidit pas instantanément une fois les barres de contrôle descendues. La chaleur résiduelle peut encore être de quelques mégawatts. Le générateur de vapeur continuait donc de menacer de bouillir à sec à cause du manque d'eau. Aussi, 3 pompes à eau de secours, 2 électriques et une actionnée via le flux de vapeur ont été automatiquement mises en marche pour fournir le flux d'eau nécessaire aux générateurs de vapeur qui étaient en train de se vider.

Mais il y a eu un nouveau problème. Les vannes qui permettaient le raccordement de ces pompes de secours au circuit secondaire étaient fermées. Un test avait été conduit sur le circuit de secours 42 h avant, entrainant la fermeture des deux vannes (nommées EFW-12 A et B). Et, alors que la procédure exige de façon impérative qu'elles soient immédiatement réouvertes, les opérateurs avaient oublié de le faire. Et aucun opérateur ne savait qu'elles étaient fermées. Les opérateurs auraient du s'en rendre compte, car il y a un voyant lumineux qui permet de voir si la vanne est ouverte ou fermée. Mais une des deux lumières étaient cachée par une étiquette de maintenance et les opérateurs n'ont tout simplement pas prêté attention à la deuxième. En effet, ils ne s'attendaient pas à ce que les vannes soient fermées, vu qu'elles étaient toujours ouvertes d'habitude. Par ailleurs, une des premières choses à vérifier dans la checklist des opérateurs de la salle de contrôle, est que le circuit de secours fonctionne bien. Mais Faust n'a pas vu la lumière de l'indicateur resté visible, et à présumés que les vannes étaient ouvertes, comme elles devaient l'être et l'avaient toujours été avant.

Donc en fait, les pompes de secours marchaient. Mais, le circuit de secours n'était pas ouvert. Donc, l'eau continuait à ne pas circuler dans le circuit secondaire.

A cause du blocage du circuit secondaire, immédiatement, la chaleur et la pression ont augmenté dans le circuit primaire. Aussi, très rapidement, à T = 3 secondes, la soupape de décharge automatique, située en haut du pressuriseur s'est ouverte, relâchant la vapeur du circuit primaire dans un réservoir de confinement. Elle aurait du se refermer automatiquement dès que la pression aurait baissé. Mais malgré un ordre automatique de fermeture, ce ne fut pas le cas. Elle est restée bloquée en position ouverte.

Puisque le réacteur était arrêté, la chaleur dans le circuit primaire a commencé à diminuer. L'eau a commencé à refroidir et donc la pression aussi (la pression diminuant également à cause de la soupape de décharge ouverte). Aussi, le niveau de l'eau dans le pressuriseur a commencé à diminuer. C'était un phénomène prévu. Faust et Frederick ont assisté à la mise en marche automatique, à T = 2 mn, de deux pompes servant à amener de l'eau pour compenser la diminution de volume (pompes de compensation). Ensuite, quand le niveau a continué à baisser, les pompes spéciales pour le système d'injection à haute pression ont été mises en marche pour amener encore plus d'eau dans la cuve du réacteur. A ce moment là, la soupape de décharge aurait du être fermée, mais, comme on l'a vu, ce n'était pas le cas.

Au soulagement général, le niveau d'eau a commencé à se stabiliser. Puis, à l'angoisse générale, il a commencé à monter à nouveau. Craignant que l'effet amortisseur du pressuriseur ne soit bientôt perdu tandis qu'il finissait de se remplir, Faust a arrêté le système d'injection à haute pression du circuit primaire. Mais le niveau a continué à monter. Aussi, il a arrêté les pompes de compensation. Ca a encore continué à monter. Frederick regardait, transpirant à grosses goutes. Il a rappelé les chiffres du niveau d'eau, tandis que l'eau montait dans le pressuriseur jusqu'à ce qu'elle ait presque débordé à travers la soupape de décharge.

Faust, Frédérick et Zewe ont essayé de comprendre la nature du problème. Rien ne collait.

En ce qui concerne le circuit secondaire, le niveau de l'eau continuait à baisser dans les générateurs de vapeur. En fait, l'un des deux était complètement à sec et bouillant. C'est une situation très dangereuse, parce que les générateurs ne sont pas conçus pour atteindre de telles températures. Si un tuyau du générateur de vapeur venait à se fendre ou casser à cause de la chaleur, l'eau radioactive du circuit primaire pourrait se mélanger à l'eau du circuit secondaire et quitter le bâtiment de confinement, ce qui serait catastrophique. Il y avait une confusion considérable concernant la raison initiale pour laquelle le générateur de vapeur (OTSG) était en train de s'assécher et de bouillir. En effet, d'après ce que les opérateurs comprenaient, les pompes de secours d'alimentation en eau étaient en train d'apporter toute l'eau nécessaire à ces générateurs de vapeur. Mais, en réalité, avec les vannes fermées, les pompes ne servaient à rien.

La quantité d'eau disponible dans le circuit primaire est mesurée d'habitude en mesurant le niveau d'eau dans le pressuriseur. Plus d'eau signifie que la bulle de vapeur diminue et que le niveau d'eau monte ; et inversement. Or, alors que le circuit primaire perdait de l'eau très rapidement, les opérateurs ont vu une augmentation du niveau d'eau. L'explication officielle donnée a postériori est que le flux de vapeur sortant vers la soupape de décharge perturbait l'indicateur de niveau d'eau. On peut imaginer que le flux de vapeur vers le haut faisait remonter l'indicateur. Donc, les opérateurs ont été trompés dans leur estimation de la pression à cause de l'indicateur de niveau d'eau.

La température continuait à augmenter dans le circuit primaire, en dépit du fait que le réacteur avait été arrêté. C'était le résultat de l'absence d'apport d'eau de secours aux générateurs de vapeur, permettant d'enlever la chaleur du circuit primaire.

Par ailleurs, la pression baissait dans le circuit primaire. Dans la mesure où la température et la pression vont dans la même direction, dans un système clos, les trois opérateurs étaient complètement perdus face à ce paradoxe. Bien sur, s'ils avaient su que la soupape de décharge était ouverte, ils auraient su qu'ils n'avaient pas du tout à faire à un système fermé.

Une chose était certaine, si la pression tombait trop bas, ou si la température augmentait trop, l'eau du circuit primaire commencerait à bouillir. Si une telle chose arrivait, et si la température augmentait suffisamment dans le coeur, de la vapeur commencerait à se former dans l'enceinte du réacteur. Si suffisamment de vapeur était produite, ça ferait baisser le niveau d'eau dans l'enceinte du réacteur en dessous du niveau des barres d'uranium, les laissant à découvert. La vapeur ne refroidit pas aussi bien que l'eau, et les barres d'uranium seraient sévèrement endommagées par l'accumulation de chaleur. Elles se rompraient rapidement. Au bout d'un certain temps, la mise à découvert du coeur entrainerait que l'uranium pourrait se mettre à fondre, voir à s'enflammer, ou même éventuellement se réarranger de façon plus compacte, ce qui entrainerait la production d'encore plus de chaleur. Ca serait évidemment désastreux. Donc, le coeur ne doit jamais être à découvert.

Trop d'eau dans le circuit primaire serait aussi un problème. Si le pressuriseur, la bulle de vapeur autorisée dans le circuit primaire, était remplie complètement, tout choc soudain ou transitoire pourrait entrainer la rupture des tuyaux du circuit primaire ou endommager les pompes à eau. C'est une chose à éviter à tout prix, puisque la rupture d'un tuyau du circuit primaire est le pire cauchemar des ingénieurs du réacteur. Les opérateurs se voient répéter régulièrement de ne jamais, jamais "remplir le système". Donc, le fait d'être à deux doigts de ce type d'évènement, entrainait une peur palpable dans la salle de contrôle.

Trompés par l'indication du niveau d'eau erronée, les opérateurs ont décidé d'ouvrir les vannes d'éjection et de démarrer les pompes pour évacuer l'eau du circuit primaire. Désormais, l'eau sortait du circuit primaire non plus par une, mais par deux voies de sortie : la soupape de décharge, et le système d'éjection. Réagissant à la perte de pression, les pompes d'injection activées lors d'une situation de basse pression, ont automatiquement commencé à déverser de l'eau dans le circuit primaire. Les opérateurs, ignorant de la situation réelle, les ont arrêtées (à T = 4 mn 38s). Alors que l'eau sortait du réacteur à travers la soupape de décharge, ils avaient tout simplement neutralisé le seul système capable de remplacer l'eau évacuée, et ils en évacuaient encore plus.

Du coup, l'eau s'est mise à bouillir à la sortie du cœur (à T = 5 mn 30s)

A ce moment-là, Faust a parcouru rapidement une fois de plus la checklist de l'alimentation de secours en eau du circuit secondaire. Vérifiant cette fois chaque vanne du système, il a enlevé finalement l'étiquette et a vu les lumières rouges indiquant que les vannes d'alimentation en eau 12A et 12B étaient fermées, bloquant le flux.

Il a alors crié à Zewe : "Les 12 sont fermées !". A T = 8mn 18s, Faust les a alors mises en position ouverte. L'eau froide s'est précipitée dans les tuyaux bouillants du générateur de vapeur. La chaleur du circuit primaire a donc enfin pu être refroidie par le circuit secondaire. L'indicateur de niveau d'eau du pressuriseur s'est alors lentement stabilisé, et la montée de température a commencé à ralentir, mais ralentir seulement.

Résumé : plusieurs erreurs humaines supposées ont conduit à ce que les soupapes de tous les déminéraliseurs se ferment, et donc à ce que le mouvement d'eau dans le circuit secondaire soit bloqué. Les sécurités automatiques ont fonctionné normalement. Elles ont notamment arrêté la réaction nucléaire dans le cœur. Mais, il y a eu deux dysfonctionnements. Le premier, qui a été résolu en 8 minutes, est que les vannes d'alimentation de secours en eau du circuit secondaire étaient restées fermées suite à un contrôle technique récent. Du coup, le circuit secondaire se vidait de son eau. Celui-ci, ainsi que le circuit primaire n'étaient donc plus refroidis et la chaleur augmentait rapidement dans les deux circuits. Heureusement, à la 8ème minute, les opérateurs ont compris le problème et ont ouvert les vannes en question. Le circuit secondaire s'est alors retrouvé alimenté en eau, et a donc été à nouveau refroidi correctement. Le deuxième dysfonctionnement est que la soupape évacuant la vapeur du circuit primaire en cas de surpression avait été ouverte par les sécurités automatiques, mais ne s'était pas refermée. Par ailleurs, les opérateurs ont coupé le système automatique d'injection d'eau dans le circuit primaire (d'abord celui à haute pression, puis celui à basse pression). L'eau partait donc du circuit primaire sans être remplacée. Et celui-ci ne pouvait plus être refroidi. C'est ce problème, qui n'a pas été résolu pendant plus de deux heures, qui a entrainé la fonte du coeur.


C) De la 8ème minute jusqu'à 3h20, une inaction quasi totale malgré la possession des éléments permettant de résoudre le problème

Donc là, on était à la 8ème minute de l'accident. L'accident ayant duré 3h20, ça veut dire que tout ce qui est raconté maintenant dure 3h12, donc beaucoup plus longtemps que la première partie. Les opérateurs ont eu beaucoup plus de temps pour réagir. Et pourtant, pendant 1h52 (jusqu'à T= 2h), ils n'ont rien fait, et pendant encore une 1h20, malgré quelques actions, ils n'ont encore pas compris ce qui se passait.

a) De la 8ème à la 15ème minute : pas de détection de l'ouverture de la soupape du circuit primaire

Pour en revenir au tout début de l'accident, comme on l'a vu, lorsque les pompes principales du circuit de refroidissement secondaire sont tombées en panne, 3 secondes plus tard, pour éviter que la pression n'augmente trop dans le circuit primaire, la soupape de décharge du pressuriseur du circuit primaire s'est ouverte automatiquement. La vapeur a alors commencé à se déverser dans le réservoir étanche du bâtiment de confinement.

C'est surtout cette soupape qui a posé problème durant toute la durée de l'accident. Elle aurait dû se fermer une fois la pression redescendue dans le circuit primaire. Mais malgré l’ordre automatique de fermeture, ce ne fut pas le cas.

L'explication donnée est que la soupape était conçue pour se fermer après avoir évacué une certaine quantité de pression. Mais elle n'était pas fiable. En fait, la valve électromagnétique de décharge, réalisée par les industries Dresser était connue pour avoir des problèmes d'échec à la fermeture. On avait évalué que le nombre moyen de manœuvres d'ouverture/fermeture avant qu'il y ait un échec était de seulement 40 manoeuvres. On pensait que c'était suffisant, parce que la soupape était sensée ne s'ouvrir que rarement (la même vanne sur l'unité 1 de Three Mile Island n'avait jamais été ouverte, sauf lors de tests). Mais le défaut dans la conception du condenseur de l'unité 2 entrainait qu'elle s'ouvrait à chaque arrêt de la turbine génératrice.

Les opérateurs auraient bien sur pu fermer ce circuit de décharge de vapeur manuellement. Mais le problème, c'est que les voyants de contrôle montraient la soupape en position fermée. En effet, le voyant lumineux était mal conçu, et ne réagissait qu'à l'ordre de fermeture, pas à la fermeture réelle. Il suffisait de donner l'ordre de fermeture pour que le voyant indique une position fermée, même si c'était faux. Donc, les opérateurs, croyant le problème réglé, n'ont pas réagi, et la soupape étant toujours ouverte, la pression a continué de diminuer dans le circuit primaire.

Les opérateurs auraient du savoir qu'il y avait un problème avec la soupape, parce qu'il y a bien sur un indicateur de pression d'eau dans le circuit primaire (appelé pressuriseur). Donc, comme la pression diminuait puisque la soupape était toujours ouverte, le problème avec la soupape aurait du être très rapidement détecté. Seulement, là encore, pas de chance, on nous dit (sur Wikipedia) :

"La baisse de pression dans le circuit primaire entraîna le démarrage automatique du circuit d'injection de sécurité (t = 2min 01s), chargé d'amener de l'eau dans le circuit primaire. Cependant, en même temps que la pression baissait, des « vides » (de la vapeur d’eau en fait) se formaient dans le circuit primaire. Ces vides générèrent des mouvements d’eau complexes qui, paradoxalement, remplirent le pressuriseur en eau (pourtant en haut du circuit). L’opérateur, ayant l’information que le pressuriseur était plein, en conclut par erreur que tout le circuit primaire l’était également et arrêta manuellement le circuit d’injection de sécurité (t = 4min 38s)."

Donc, le circuit primaire se vidait, mais on ne pouvait pas le savoir parce que des mouvements d'eau complexes continuaient à remplir le pressuriseur. Vraiment pas de chance décidément.

Et les opérateurs ont été inconscients du problème de la soupape de décharge pendant 2 heures, jusqu'à l'arrivée de l'équipe du matin. Et ils ont été inconscients du problème de la vidange du circuit primaire pendant 3h20.

Du coup, le circuit d'injection d'eau de sécurité automatique ayant été désactivé, et la quantité d'eau diminuant de plus en plus dans le circuit primaire, l'eau a bien sur commencé à bouillir à la sortie du coeur (t = 5min 30s). A bien noter que le circuit d'injection de sécurité a été désactivé, pas seulement arrêté ponctuellement.

b) De la 15ème minute à 2ème heure de l'accident

Le réservoir dans lequel se déversait l'eau du circuit primaire via la soupape s'est rapidement retrouvé plein. Une alarme s'est alors déclenchée. Une température supérieure à la normale a également été détectée dans la canalisation liée à la soupape de décharge, ainsi qu'une température et une pression supérieures dans le bâtiment de confinement. Ceci indiquait clairement qu'il y avait un problème. Mais, au départ, ces indications ont été ignorées par les opérateurs (note : en fait, elles ont été ignorées pendant 3 heures).

Du coup, puisque le réservoir était plein et qu'il continuait à se remplir, le disque de sécurité du réservoir s'est rompu (à T = 15 minutes). Rapidement, le bâtiment de confinement a été inondé d'eau radioactive, une partie de celle-ci a coulé dans les drains du sol et a été aspirée vers les réservoirs du bâtiment auxiliaire. Frederick a pensé à vérifier le niveau du réservoir (sur un instrument situé derrière les panneaux principaux, et non visible de là où il était assis), mais, seulement après la rupture du disque de sécurité. Et à ce moment là, vu que le réservoir se vidait, l'eau était revenue à un niveau normal. Décidément, le sort s'acharnait. La pression dans le bâtiment de confinement a commencé à augmenter.

Suite à ça, pendant encore 1h, alors que plein d'indicateurs permettent déjà de comprendre parfaitement la situation, les opérateurs ne comprennent rien à ce qui se passe.

Concernant le moment ou la première alarme à la radioactivité a commencé à sonner, les sources sont contradictoires. Normalement, ça a du se déclencher quand le réservoir de confinement s'est percé, donc, vers la 15ème minute de l'accident. C'est ce que semble dire le site "Engineering.com", qui dit que rapidement après que le disque de sécurité se soit brisé, l'alarme à la radioactivité à commencé à sonner.

Mais, dans "TMI step by step", il est dit que l'alarme à la radioactivité n'a tout simplement pas sonné. D'autres sources (Everything) disent que les opérateurs se sont aperçu que l'eau était radioactive à la 45ème minute. Et ils mettent ça en liaison avec le fait que l'eau était pompée du bâtiment de confinement vers le bâtiment auxiliaire. Plus précisément, ils disent que quand le réservoir a crevé au niveau de sa base, à la 15ème minute, déversant 250.000 gallons (environ 950 tonnes) d'eau dans l'enceinte de confinement, une pompe a commencé à évacuer automatiquement l'eau vers le bâtiment auxiliaire (en fait vers d'autres réservoirs situés dans le bâtiment auxiliaire). 29 minutes plus tard, les opérateurs se sont rendu compte que l'eau de refroidissement qui était en train d'être transférée vers le bâtiment auxiliaire, était radioactive. Ils ont alors immédiatement coupé la pompe.

Sur la version anglaise de wikipedia, il est dit que ce n'est qu'à T = 2h45, que l'alarme à la radioactivité se déclenche.

Enfin, selon la version française de Wikipédia, c'est à T = 3h12 que l'alerte à la radioactivité se déclenche, parce que l'eau injectée à ce moment dans le bâtiment de confinement là aurait été très radioactive.

Engineering.com se contredit apparemment lui-même, puisqu'il est dit que, juste au moment où Porter arrive dans la salle de contrôle (donc vers 6h du matin, soit à T= 2h), l'eau radioactive se trouvant dans le bâtiment de confinement arrive dans le bâtiment annexe via des canalisations d'évacuation d'eau et que les alarmes de radioactivité se mettent alors à retentir et se mettent en position maximum. Donc, les alarmes auraient retenti bien plus tard.

Pour le problème du moment où s'est déclenché l'alarme à la radioactivité, les choses ne sont donc vraiment pas claires.

Pour en revenir à ce qui se passait par ailleurs, à la 20ème minute, la température et la pression ont commencé à augmenter fortement dans le bâtiment de confinement, à cause de la chaleur de la vapeur. Les opérateurs s'en sont aperçu et ont alors actionné le système de refroidissement du bâtiment de confinement. Il est dit que le fait qu'ils n'aient pas compris que ces conditions résultaient du fait que le circuit primaire perdait son liquide de refroidissement indique une déficience importante dans leur formation pour analyser les symptômes d'un tel accident.

Après un temps qui n'est pas précisé mais qui doit être proche de 45 mn (donc à T = 1h), les pompes du circuit primaire commencent à trembler parce qu'elles pompent plus de vapeur que d'eau. En effet, rapidement, la pression et la température ont été telles que l'eau a commencé à bouillir. Des bulles de vapeur ont commencé à se former, à voyager à travers le circuit et à atteindre les pompes. Ces immenses machines, aussi larges qu'un camion à ciment, et 20 fois plus puissantes, ont commencé à vibrer dangereusement et à être mises à rude épreuve, alors qu'elles luttaient pour pomper le mélange de vapeur et d'eau. La vitesse du flux a commencé à diminuer, faisant monter la température encore un peu plus. Des vibrations comme celles-ci pouvaient faire sauter les joints des rotors de la pompe, faisant ainsi se répandre l'eau du circuit primaire, et rendant les pompes inutilisables. Sachant qu'il n'avait pas le choix, Zewe a ordonné que les pompes soient arrêtées, avant qu'elles ne se détruisent elles-mêmes ainsi que les canalisations auxquelles elles étaient connectées.

Le problème, c'est que la vibration des pompes indiquait elle aussi que le circuit primaire n'avait plus d'eau et donc que la soupape était restée ouverte. Donc, si Zewe voyait que les pompes tremblaient, il aurait du forcément faire ce raisonnement. Mais non, Zewe ne comprend pas.

Donc, à T = 1h13, les opérateurs décident d'arrêter la pompe 1 du circuit primaire. Ils restent encore près de 30 mn sans rien faire, puis, à T = 1h40, ils coupent la pompe 2 du circuit primaire. Ca ne leur pose pas de problème, parce que normalement, avec le réacteur arrêté, les mouvements de convection de la chaleur dans l'eau du circuit primaire doivent être suffisants pour refroidir le cœur. Bref, avec le réacteur arrêté, normalement, il n'y a pas besoin des pompes.

A présent, le seul mouvement d'eau restant dans le circuit est le mouvement de convection naturelle. Ce que les opérateurs ignorent, c'est qu'à cause de la formation de vapeur, des parties du circuit primaire sont désormais bloquées par la vapeur. Du coup, l'eau ne peut pas circuler par la seule convection. Une grosse bulle de vapeur, a commencé à se développer dans la partie supérieure de l'enceinte du réacteur, et a rapidement augmenté de taille. Rapidement, la partie supérieure du coeur a commencé à émerger de l'eau et a commencé à surchauffer.

A un moment se situant dans cette période de temps, Zewe, dans un soudain éclair de lucidité, s'est mis à suspecter que la soupape de décharge aurait bien pu être restée bloquée en position ouverte. Il a demandé à un technicien de lire la température à la sortie de la soupape. Une haute température aurait indiqué que de la vapeur était en train de traverser la soupape, mais le technicien a par erreur lu la température d'une autre sortie de soupape, qui était basse et normale. Du coup, la soupape est restée en position ouverte.

c) L'arrivée de l'équipe du matin à T = 2h

A 6 heures du matin, c'est-à-dire vers T = 2h, l'équipe du matin arrive. L'ingénieur du matin, un homme appelé Ivan Porter, remarque à T = 2h20 mn que la température dans le réservoir de confinement est très élevée (donc, il y avait aussi un détecteur de température dans le réservoir de confinement, en plus d'un détecteur de niveau d'eau). Il voit aussi que la pression du circuit primaire est basse (donc, l'indicateur de pression montrait bien la bonne pression depuis un moment si cet ingénieur a pu voir que la pression était basse), et que la pression du bâtiment de confinement est haute. Il fait le rapprochement entre ces différentes informations. Il suggère alors de fermer une valve de blocage dans le circuit de vapeur, immédiatement derrière la soupape de décharge qui était bloquée. Dès que cela est fait, la pression commence à augmenter à nouveau dans le circuit primaire.

C'est à T = 2h22, soit 40 mn après la dernière action, alors qu'il ne reste plus qu'un mètre d'eau dans le cœur, que l'ingénieur du matin décide de fermer une vanne en aval de la soupape du pressuriseur. Ca arrête la vidange du circuit primaire.

En fait, Porter et les autres ne semblent toujours pas comprendre la situation, puisqu'alors qu'ils devraient injecter de l'eau dans le circuit primaire, ils ne font rien de ce genre. Ce qui serait pourtant logique, puisque si Porter a décidé de fermer la vanne en question, c'est qu'il a compris que le circuit primaire se vidait. Et vu la chaleur et les divers autres problèmes, il devrait être évident pour eux que le circuit primaire est quasiment vide. Du coup, ce n'est qu'une heure après qu'ils décident d'actionner l'injection d'eau de secours.

Selon la version anglaise de Wikipédia, à T = 2h45, c'est-à-dire à 6h45, l'alarme à la radioactivité se déclenche. Information qu'on retrouve sur "TMI step by step". Mais ceux-ci précisent que les opérateurs reçoivent les premières indications montrant que le niveau de radiation est en augmentation.

On ne sait pas pourquoi, mais les opérateurs décident, de relancer à T = 2h54 (30 minutes après la fermeture de la vanne), une pompe du circuit primaire. Du coup, vu qu'il ne reste plus qu'un mètre d'eau dans le cœur, et que celui-ci a été endommagé à cause du manque d'eau, ça brasse de l'eau fortement contaminé (et vu ce qui a déjà été dit plus haut, ça ne doit pas brasser grand-chose. Ca doit tourner quasiment à vide).

A T = 3h, à cause des hautes températures observées dans le cœur, les opérateurs commencent à se demander si celui-ci est émergé ou s'il est encore immergé et donc, commence à se dire que les températures mesurées sont peut-être fausses. Par ailleurs, Gary Miller, le directeur, qui avait déjà eu une conférence téléphonique à 6h du matin avec les responsables présents dans la centrale, arrive dans celle-ci.

20 mn après (T = 3h12), les opérateurs décident (là encore, on ne sait pas pourquoi) d'arrêter la pompe. Immédiatement après, ils décident de rouvrir pendant 5 mn la vanne d'isolement qui fermait la soupape du pressuriseur. L'eau du réacteur se déverse donc à nouveau dans le bâtiment de confinement. Selon la version française de Wikipédia, c'est à ce moment là que l'alerte à la radioactivité se déclenche, parce que l'eau injectée à ce moment dans le bâtiment de confinement là aurait été très radioactive.

Les opérateurs abandonnent alors le bâtiment en hâte et le ferment hermétiquement. Les alarmes se déclenchent un peu partout dans la centrale. Le site est alors déclaré en situation d'urgence, et une évacuation des zones proches de la centrale commencent.

Ce n'est qu'à ce moment là, en entendant l'alerte à la radioactivité, que les opérateurs commencent à comprendre la situation. Ils se disent que l'alerte à la radioactivité signifie que le cœur a été fortement dégradé et qu'il doit manquer d'eau. A 7h20 du matin, soit à T = 3h20, ils mettent en service l'injection de sécurité. C'est-à-dire qu'ils apportent de l'eau dans le circuit primaire et donc noient à nouveau le cœur sous l'eau. Selon le Wikipedia anglais, c'est en fait à 11 heure du matin (soit à T = 7h).

En faisant ça, ils prenaient le risque de créer une explosion de vapeur ou de provoquer une rupture de la cuve à cause du choc thermique. Mais rien de tout ça n'est arrivé, et à T = 3h45, la cuve est à nouveau sous eau.

De façon assez incroyable, il n'était pas encore clair pour les opérateurs qu'ils étaient face à un LOCA (loss of coolant accident), c'est-à-dire, à une perte d'eau dans le circuit primaire.

Ils ont alors essayé de déterminer la température du coeur. Il y avait un certain nombre d'instruments de mesure de la température dans le coeur, contrôlés par ordinateur. Mais l'ordinateur n'avait été calibré que pour mesurer des températures en dessous de 700 degrés. Au dessus, l'ordinateur ne faisait qu'imprimer des points d'interrogation. Les concepteurs du logiciel n'avaient jamais imaginé qu'une température plus élevée que celle-ci serait atteinte.

Porter a alors utilisé un multimètre pour lire les thermocouples directement. Les mesures qu'il fit correspondaient à une température d'environs 10.000 degrés (note : a priori, vu la source, ce sont des Fahrenheits. Donc, environ 5,500 degrés Celsius), sur un certain nombre de thermocouples du coeur. Le technicien ne pouvait tout simplement pas en croire ses yeux. Porter lui-même était près de rejeter les mesures en considérant que les thermocouples étaient défectueux. Mais il nota alors que les températures près du centre étaient plus élevées que celles sur les cotés. C'est à ce moment qu'ils ont été sûrs que le coeur était sévèrement endommagé et qu'il y avait donc eu perte de liquide dans le circuit primaire.

Ils ont alors alterné pendant plusieurs heures, injection d'eau à haute pression et ouverture de la vanne du circuit primaire, pour faire partir petit à petit la bulle de vapeur se trouant dans celui-ci. La situation s'est stabilisée et les pompes du circuit primaire ont pu se remettre en service vers T = 15h49.

21 février 2009

L'intérêt de la nationalisation des réserves pétrolières

Depuis les années 50, de nombreux pays producteurs ont nationalisé les puits de pétrole. Et désormais, les compagnies pétrolières ne représentent plus grand chose en termes de marché. Entre 10 % (chiffres du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie) et 16 % en plein accès + 19 % en accès limité (chiffres du journal le monde du 10 aout 2006). Soit entre 10 % et disons 25 %. On peut se demander si ça n'a pas été fait exprès. Et ce pour plusieurs raisons.


1) Justifier le sous-investissement

Si le marché était encore contrôlé à plus de 60/70 % par les compagnies pétrolières, le fait que le niveau d'investissement soit faible aurait pu paraitre bizarre. Bien sur, il y a eu une longue période de prix bas, qui rendait apparemment logique un faible niveau d'investissement. Mais quand même ; un si faible investissement pendant si longtemps aurait posé question si les compagnies pétrolières avaient été les seuls éléments de l'équation. Surtout qu'entre 1945 et 1973, les prix étaient très bas, et pourtant, ça n'a pas empêché les compagnies pétrolières d'investir à tour de bras.

Et puis, il y a toujours le problème d'avoir éventuellement des petites compagnies privées venant faire de la prospection. Autant, pour les grosses compagnies, on peut éventuellement comprendre une absence d'investissement à certains moments (puisqu'elles ont déjà de grosses réserves), autant pour les compagnies de taille moyenne, ça peut être louche, puisque leur intérêt est de trouver de nouveaux champs pour devenir plus importantes. Mais si le marché est essentiellement dans les mains des états, alors là, l'absence de recherche de nouveaux gisements devient beaucoup moins bizarre.

Avec la nationalisation des réserves, il y a deux situations. Soit l'état investit seul (par le biais d'une société d'état), soit l'état laisse une compagnie privée nationale ou étrangère réaliser les investissements de recherche et de forage et partage une partie des recettes avec celle-ci.

1,a) Investissements réalisés essentiellement par l'état

S'il n'y a pas d'investissement de fait de la part des pays producteurs, on dira que c'est parce qu'ils n'ont pas les compétences pour mener des travaux.

Et puis, on dira aussi que c'est parce que les pays n'ont pas assez d'argent pour investir dans la recherche de nouveaux gisements. Ce qui est crédible pour pas mal d'entre eux, parce que beaucoup de pays producteurs sont des pays pauvres. Mais, même pour les pays plus ou moins riches, on pourra mettra en avant le fait que l'état est trop endetté (et ils le sont à peu près tous) pour justifier l'absence de nouveaux investissements.

On peut dire aussi que les états en question investissent ailleurs, soit en prévision de la fin du pétrole (dans l'immobilier local, ou alors, dans les entreprises européennes et asiatiques, comme c'est le cas pour les monarchies du Golf Persique), soit pour aider le peuple, soit pour simplement développer le pays, ou pour réduire les impôts, etc... Alors que les compagnies pétrolières, même si elles peuvent bien sur investir dans d'autres secteurs pour se diversifier, vont réinvestir essentiellement dans le pétrole.

Ou alors, on va dire que c'est parce que les gouvernants sont corrompus et s'en mettent plein la poche au détriment des investissements.

Pour d'autres, on mettra en avant la contrainte politique écologique. Les écologistes feraient pression pour qu'il n'y ait pas de nouveaux forages dans certains endroits. Cause qui sera évoquée dans le cas des pays riches (USA par exemple).

Ca, c'est pour les actes d'investissement initiés par les états. Dans le cas où le gouvernement laisse des entreprises privées prendre le risque d'investir, il peut y avoir plusieurs raisons qui vont conduire à une absence ou faiblesse des investissements ou à des échecs des investissements.

1,b) Investissements réalisés par une ou des compagnies privées

Dans certains pays, les tracasseries et longueurs administratives permettrons de justifier d'une absence d'investissement ou d'un investissement plus faible que prévu. Par exemple, en France, il semble qu'il faille minimum 2 ans pour obtenir un droit de faire une exploration du sol. Si la bulle des prix ne dure que 3 ou 4 ans, ça entraine que les nouveaux gisements peuvent être annoncés comme n'étant plus rentables (c'est très probablement totalement faux, mais c'est le prétexte mis en avant pour ne rien faire).

Les compagnies peuvent dire aussi qu'elles n'investissent pas parce qu'il y a divers éléments les dissuadant de le faire, comme des rebelles ou une instabilité politique qui rendent l'investissement hasardeux ou alors une junte qui leur est hostile. On dira aussi que les compagnies pétrolières n'étant pas satisfaites du contrat avec le pays, ne désirent pas investir.

Le gouvernement peut dire de son coté que la compagnie concernée est trop gourmande. Il peut faire trainer en longueur les négociations avec plusieurs compagnies pour savoir laquelle sera choisie pour réaliser l'investissement.

Dès qu'on a deux acteurs, ça rend les choses beaucoup plus complexes, et ils peuvent se renvoyer la balle en disant que s'il n'y a pas d'investissement, c'est parce que l'autre pose problème. Et du coup, personne ne se pose trop de question sur l'absence d'investissement, parce qu'il y a toujours une raison à ça qui parait logique.

Dans les deux situations (investissement public ou privé), le but de la clique qui nous gouverne est atteint. Les investissements dans la recherche de nouveaux gisements pétroliers ont pu être très fortement réduits pendant des dizaines d'années. Ce qui a évité que les prix ne s'effondrent.

Bien sur, se pose le problème de la perte de contrôle. Mais vu que les maitres du monde contrôlent à peu près tous les gouvernements, ça ne pose aucun problème de déléguer la production de pétrole aux états. Tous agiront bien dans le sens voulu.

On notera également que comme par hasard, la décision d'investissement se fait toujours en période de hausse des cours. Alors que vu l'histoire des hausse de prix dans le marché du pétrole (en générale des périodes assez courtes), il est évident qu'il faut plutôt faire ça après une certaine période de baisse des cours, pour avoir une production en place au moment où les prix seront élevés.


2) Accuser les états producteurs de la responsabilité des variations des prix au lieu des compagnies pétrolières

En passant le pouvoir des compagnies pétrolières aux gouvernements, on a dédouané en très grande partie les compagnies pétrolières de l'accusation de manipulation des cours et d'entente sur les prix, vu que le pouvoir de production n'est, pour la majorité des réserves, plus entre leurs mains.

Désormais, les accusations sont reportées sur les différents pays qui veulent maximiser leur profit. Et dans la tête des gens, c'est bien normal que ces pays cherchent à faire de l'argent. Tandis qu'avec les compagnies pétrolières, il y a accusation de vouloir s'enrichir sur le dos du peuple. Donc s'il y a plus ou moins entente sur les prix, c'est plus légitime, ça passe mieux.


3) Ne pas voir les producteurs comme un pouvoir uni, grâce au grand nombre d'acteurs et à la diversité de leurs objectifs

Avoir un grand nombre de producteurs permet également de faire en sorte qu'on ne puisse pas les voir comme un pouvoir uni. Chacun est sensé être indépendant. Ils peuvent avoir des intérêts communs. Mais souvent, ils vont être divergeant (ou présentés comme étant divergeant), même sur le sujet simple des prix du pétrole.

Surtout qu'il y a des pays producteurs qui sont aussi importateurs, parce qu'ils ne produisent pas assez pour être autonomes. Au lieu d'avoir une compagnie qui a intérêt à avoir des prix élevés, on a un état producteur, mais importateur, qui a intérêt à avoir des prix bas. Donc, on doit déjà avoir une partie des pays producteurs qui n'ont pas les mêmes intérêts que les autres quand au niveau des prix.

Et puis, il y a les pays qui sont des dictatures, alors que d'autres sont plus ou moins des théocraties (certains pays musulmans), et d'autres encore des démocraties. Il y en a qui sont pauvres, il y en a qui sont riches. Il y en a qui sont puissants (USA, Russie Angleterre, etc...) et d'autres qui sont faibles (petits état d'Amérique du Sud, d'Afrique, etc...). Ca permet d'avoir encore des sources de divergences d'intérêts et d'objectifs. Ce qui rend encore plus difficile de voir ces acteurs comme un pouvoir uni.

Bien sur, il y a des moments où on met en avant que bon nombre de ces acteurs ont réussi à s'entendre sur les prix. Mais ces périodes d'ententes vont toujours être présentées comme des situations fragiles et temporaires.


4) Donner une impression d'indépendance des états


En plus, le fait d'avoir nationalisé les puits donne l'impression que les pays l'ayant fait sont vraiment indépendants. S'ils ont pu s'opposer avec succès aux compagnies pétrolière, pourtant si puissantes, ainsi qu'aux USA et à la GB, pourtant eux aussi extrêmement puissant, c'est que leur indépendance est réelle.

Donc, tout ce que font ces pays semble être le fait de pays souverains. Ca ne semble pas dicté par d'autres. L'idée que les actions de ces gouvernements obéissent à une logique politique interne est crédible.


5) Brouiller les cartes, compliquer la situation, avoir à chaque fois une explication facile à la variation des prix

Le fait d'avoir autant de producteurs aux intérêts très différents permet de brouiller les cartes. Comme dit plus haut, il y a des dictatures, des théocraties, des démocraties, des pays pauvres, riches, faibles, puissants. Toute cette variété entraine la complexité. Et avec une telle complexité, on rend le truc incompréhensible pour le profane. Ce qui fait qu'on peut facilement justifier de tout et n'importe quoi.

Et puis, grâce à cette situation, on peut justifier de variations de prix dans les deux sens. On peut justifier des prix bas en partie grâce à la mésentente des états et de la pauvreté de certains qui doivent produire beaucoup pour maintenir a flot leur économie. Et on peut justifier de prix élevés en disant qu'à ce moment là, les états ont réussi à s'entendre sur les prix. En présentant la situation d'entente comme précaire, on peut justifier des variations de prix à chaque fois par une meilleure entente ou une mésentente entre les pays producteurs. Alors que si le pouvoir de production était toujours essentiellement dans les mains des compagnies privées, le grand public pourrait trouver bizarre les variations importantes de prix.


6) Limiter la puissance des compagnies pour masquer l'unicité du pouvoir contrôlant la production pétrolière

On peut se dire également que sur un secteur aussi énorme économiquement et aussi profitable financièrement, on a le danger que les compagnies qui dominent ce secteur finissent par racheter toutes les entreprises existantes dans l'économie (comme on peut le voir actuellement, où il n'y a plus que 4 ou 5 grandes compagnies). Donc, les maitres du monde limitent la puissance des ces compagnies volontairement et éparpillent le pouvoir entre de nombreuses mains, pour qu'il n'y ait pas un pouvoir économique trop visible de la part de quelques compagnies.

23 juillet 2008

Théorie officielle de la migration du pétrole : rions un peu

Que se passe-t-il si le pétrole est enfoui en dessous de 2 km ?

En effet, selon la théorie officielle, la fenêtre de formation du pétrole se trouve à 2 km sous la terre. Au delà, ça devient du gaz. Et normalement, une fois le pétrole formé, il remonte vers la surface, par différence de pression.

Donc, si on suit bien la théorie officielle. Si du pétrole est trouvé à par exemple 4 km sous la terre, ça veut dire qu'au lieu de remonter directement, comme le stipule par ailleurs la théorie officielle, ce pétrole est d'abord descendu de 2 km, puis, une fois qu'il s'est trouvé sous une roche en forme de creux, là, pour une mystérieuse raison, il s'est arrêté de descendre. Et il s'est au contraire mis à remonter (mais il en a été empêché par la roche imperméable).

Et c'est même encore mieux que ça ; puisque comme il fallait que le pétrole migre sous la cloche imperméable, il fallait soit qu'il arrive sur le coté en oblique vers le bas, et que juste à ce moment là, il décide qu'il fallait remonter. Soit il est arrivé par en haut avec un mouvement vertical vers le bas, a contourné la cloche. Tout d'un coup, il a décidé de bouger horizontalement au lieu d'aller vers le bas, se glissant sous la cloche. Et enfin, il a décidé de se mettre à remonter. Donc, dans ce dernier cas, il ferait carrément 3 mouvements différents. Et bien sur, toujours au bon moment.

A ce niveau là de n'importe quoi, il vaut mieux en rire.



Le pétrole descend avec un trajectoire oblique (étape 1). Puis, on ne sait pas pourquoi, juste à l'endroit du creux, se met à remonter (étape 2).


Le pétrole descend verticalement en étant fort heureusement au dessus du creux (étape 1). Bien sur, il le contourne (étape 2). Puis, pour une raison plus que mystérieuse, il se met à un moment à un autre à bouger horizontalement (étape 3), et bien sur vers le creux et pas dans le sens contraire (sur cet exemple, je le fais bouger horizontalement dès qu'il est à coté. Mais il pourrait le faire plus bas). Et enfin, une fois au dessous du creux, il ne continue pas à avancer horizontalement ; ce qui ferait qu'il ne serait plus en dessous du creux. Non, il se met à remonter (étape 4). Evidemment, on ne voit pas trop pourquoi le mouvement de départ est différent du cas du dessin précédent. Mais bon. On n'est plus à ça près.

21 juillet 2008

Le développement de la théorie du pétrole abiotique en URSS, fait pour garder la confidentialité sur cette théorie ?

Quand on réfléchit au fait que la théorie du pétrole abiotique s'est développée en URSS, on peut se demander si ça n'a pas été fait exprès par les gens qui nous gouvernent dans l'ombre. Exprès pour quoi ? Pour pouvoir développer la théorie tranquillement avec peu de monde au courant de son existence ; puis pour pouvoir éventuellement l'enterrer une fois les résultats obtenus et la théorie solidement établie.

Il est quand même bizarre que l'URSS, qui était sensée être le chantre de de la libération des prolétaires, n'ait pas propagé cette théorie à fond dans les pays occidentaux. Ca n'aurait pas été difficile, puisqu'elle avait des relais très nombreux dans les pays occidentaux : écrivains, journaux, mouvements politiques. Il aurait suffit de le vouloir, et des centaines d'articles ainsi que de dizaines de livres auraient été écrits sur le sujet en quelques années. Et la théorie officielle occidentale aurait été totalement discréditée.

Dans la lutte politique contre l'occident capitaliste, ça aurait été un élément de poids. Montrer que les compagnies pétrolières et même les gouvernements capitalistes s'entendaient pour faire croire que le pétrole était une ressource rare aurait entrainé une perte de confiance de la part des gens dans ces gouvernements et aurait permis à l'URSS de se positionner en chevalier blanc sur ce sujet essentiel.

Et pourtant, rien de tout ça. Le néant total. C'est très très bizarre. D'autant plus bizarre que sur d'autres sujets, l'URSS ne manquait pas de tenter de montrer qu'elle faisait mieux que les gouvernements capitalistes (amélioration des conditions de vie, de santé, d'éducation, de bonheur social, l'aventure spatiale, etc...). Donc, c'est totalement contradictoire avec la politique de propagande pro communiste qu'elle faisait par ailleurs.

Evidemment, il y a contradiction si l'URSS était bien ce qu'elle semblait être. Si elle ne l'est pas, ça devient déjà beaucoup moins bizarre.

Mais dans ce cas, si elle n'était en fait qu'un rouage d'un pouvoir plus puissant et masqué, alors on peut se demander pourquoi ce pouvoir a permis le développement de la théorie du pétrole abiotique en URSS. Ce pouvoir n'avait pourtant pas intérêt à ce que cette théorie soit connue.

Et c'est là qu'on peut se dire que le fait de développer la théorie en URSS permettait de le faire discrètement, avec peu de monde au courant à part un cercle plus ou moins étendu de scientifiques et d'ingénieurs russes. C'était le pays idéal pour ça. La liberté de mouvement et de publication était interdite. Du coup, on était sur de pouvoir controler à fond les publications sur le sujet. On était donc sur que quasiment rien ne filtrerait à l'extérieur. Et en plus, il y avait la barrière de la langue pour la quasi totalité des occidentaux qui venait s'ajouter à ça.

Enfin, comme le pouvoir en question controle aussi la presse et les médias occidentaux, on était sur qu'au final, les très rares informations qui pourraient éventuellement sortir d'URSS, n'arriveraient jamais aux oreilles du grand public. Donc, pour des gens voulant développer la théorie, mais sans que ça n'arrive aux oreilles du grand public occidental, l'URSS était le lieu parfait.

Il y a la question de savoir si le grand public soviétique était au courant de ces informations. C'est sur que ça aurait rendu plus difficile et plus long l'étouffement de cette théorie en Russie. Mais on peut penser que la théorie n'était connue que dans un cénacle relativement restreint de scientifiques et d'ingénieurs. A l'intérieur de ce groupe, elle était largement connue, mais en dehors, il est probable que seul un très faible pourcentage de la population était au courant de son existence. Logiquement, c'est ainsi que le pouvoir occulte aurait organisé la chose. Donc, dans ce cas, la théorie restait facilement effaçable.

Bien sur, il y avait le problème du fait que si l'URSS se libéralisait un jour, tous ces documents pourraient revenir à la surface et se répandre dans le monde. Mais, ce pouvoir, puisqu'il contrôle les médias et les circuits de distribution de livres, pouvait très bien faire disparaitre relativement rapidement les livres en question du circuit. Il pouvait aussi se mettre à promouvoir la théorie du pétrole biotique et donc marginaliser celle du pétrole abiotique. Et c'est effectivement ce qui semble s'être passé. Il y a des échos comme quoi, après la libéralisation de 1989, les livres sur la théorie du pétrole abiotique ont été petit à petit supprimés des librairies et bibliothèques russes. Par ailleurs, il apparait clairement que la théorie biotique du pétrole est désormais l'unique théorie défendue par les médias russes.

Vu que de toute manière, le pouvoir en question a finalement réussit à étouffer l'information, La question "est-ce que le pouvoir en question avait prévu la chute de l'URSS, voir l'avait organisée, et avait donc eu le temps d'organiser l'étouffement de ces informations, ou est-ce qu'il a réagi après coup à l'évènement ?" n'est pas cruciale. Mais on peut penser qu'il est peu probable que le pouvoir occulte en question n'ait pas été à l'origine de la libéralisation de l'URSS. La libéralisation était donc certainement prévue de longue date. Donc, l'hypothèse qu'il n'aurait fait que réagir après coup à cet évènement est peu probable.

Donc, le fait que la théorie était été développée en URSS pourrait très bien ne pas venir du fait qu'alors, l'URSS était encore la vraie URSS communiste qui luttait pour le bien des prolétaires (chose que le regretté Rolf Martens, autre défenseur la théorie abiotique, pensait), mais simplement du fait que l'absence de libertés et la barrière de la langue assurait au pouvoir occulte la possibilité de laisser cette théorie se développer en toute discrétion, d'en récolter les informations et conclusion, puis, l'enterrer si besoin était. Il n'y aurait eu aucun altruisme, derrière le développement de cette théorie en URSS.

22 juin 2008

Le problème du blocage du pétrole issu des zones de subduction

Un autre problème, concernant la formation de pétrole dans les zones de subduction est le transport et le maintien du pétrole dans la roche ou la couche de débris.

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Le problème, au départ, c'est que les débris de plantes sont sensés se déposer au fond des océans et qu'il n'y a aucun sédiment qui va se poser dessus. La couche de débris est donc au dessus de la roche du sol océanique. Et, normalement, le pétrole va se former dans cette couche de débris.

Il n'y a donc aucune raison que le pétrole se retrouve dans la roche, vu qu'il est formé dans une couche qui est au dessus de la roche. Donc, déjà, on voit mal comment il peut se retrouver dans celle-ci par la suite.

Et on ne parle même pas du fait qu'il se retrouve souvent à 4 ou 5 km sous la surface, alors qu'il est sensé se former à une profondeur située entre 2 et 3 km et qu'il est sensé ensuite remonter immédiatement.

Mais en plus, se pose le problème du blocage du pétrole lorsque celui-ci remonte, au niveau de la plaque maritime. Pour remonter, le pétrole doit traverser soit la couche de débris (hypothèse la plus logique), soit traverser la roche qui se trouve sous la couche de débris.

Considérons d'abord la traversée de la couche de débris. Si la couche de débris laisse passer le pétrole, alors ça veut dire qu'elle est perméable à celui-ci. Donc, on ne voit pas pourquoi, une fois remonté sous la mer, via la couche de débris, le pétrole resterait dans la couche de débris. Il devrait au contraire remonter dans la mer et être perdu.

Sur ce dessin, j'ai fortement épaissi la couche de débris pour ne pas trop avoir à zoomer. Bon, c'est sur que ce n'est pas un Rembrant, mais les éléments sont là. Comme on peut le voir, le pétrole passe à travers la couche de débris et ressort dans la mer.


Ce problème reste identique si on considère la roche. Si le pétrole peut remonter dans la roche de la plaque maritime, alors, ça veut dire qu'elle est perméable au pétrole. Donc, celui-ci devrait finir par se perdre dans la mer.

Le pétrole passe dans la couche rocheuse. Mais comme il n'y a pas de zone imperméable, il ressort dans la mer.


Et a priori, il est difficile de dire que la couche supérieure de la roche maritime serait imperméable au pétrole. Déjà parce qu'on peut penser que la constitution de la roche est identique sur plusieurs centaines de mètres d'épaisseur, vu que c'est une roche formée par le magma d'une dorsale maritime. Donc, il n'y a pas de raison que le dessus de la plaque soit plus imperméable que les couches un peu plus profondes. Mais surtout, parce que vu que les débris étaient au dessus de la roche, le pétrole a du traverser celle-ci avant de remonter vers la surface. Donc, si elle a traversé la couche supérieure de la roche, ça veut dire que celle-ci est perméable au pétrole. Surtout que comme tout ça est sensé se passer sur une zone de quelques kilomètres de large, on ne voit pas trop pourquoi la composition de la roche maritime changerait fondamentalement en quelques kilomètres.

Et même en supposant qu'il y ait une ou deux couches imperméables dans la roche, vu que le pétrole est sensé remonter en permanence le long de la plaque maritime, pour éviter de se retrouver refoulé à terme dans le manteau, ça veut dire qu'à un moment ou à un autre, il se retrouverait face à une roche perméable. Et donc, il pourrait passer à travers cette roche et se perdre dans la mer.

Ou alors, si le pétrole se retrouvait bloqué dans un creux imperméable, il ne pourrait plus en bouger, et serait alors soumis au mouvement de la plaque maritime. Et il reviendrait lentement vers la zone de subduction. Et là, il y aurait deux possibilités. Soit, avec le basculement de la plaque à 45°, il ne serait plus retenu dans le creux. Il entamerait alors à nouveau une remontée. Et s'il rencontre à nouveau un creux imperméable, la même opération va se renouveler. Sinon, il sera perdu dans la mer. Et à terme, il finira forcément par être dans un cycle où il ne rencontrera pas de creux imperméable. Donc, il finira forcément par être perdu. Soit il reste retenu dans la roche, et finit par être entrainé dans le manteau avec lui.

Le pétrole se retrouve bloqué dans la roche maritime à cause du creux imperméable.

Eh oui, mais le creux se déplace avec la plaque. Et donc, rapidement, au bout de quelques dizaines de milliers d'années, le creux n'est plus dans le bon sens et laisse passer le pétrole qui se perd à nouveau dans la mer. Et même si ça n'était pas le cas, le pétrole serait alors entrainé dans les profondeurs avec le creux.


On pourrait penser aussi à la possibilité que le pétrole remontrait dans la roche et que la couche de débris végétaux serait imperméable au pétrole. Mais dans ce cas, on ne trouverait pas du pétrole à 3 ou 5 km sous le sol océanique, mais à seulement quelques dizaines de mètres (et maximum une centaine de mètres).

Et en plus, a priori, je ne crois pas qu'on dise qu'il y a encore une couche de débris au fond des océans. On doit penser qu'il n'y a plus assez de plantes pour le faire et que c'était un phénomène propre à l'époque des dinosaures. Donc, on doit penser que le dernier bout de couche de débris s'est transformé en pétrole il y a longtemps. Donc, vu qu'il n'y aurait alors plus de couche de débris, on ne pourrait pas défendre l'idée que le pétrole serait éventuellement bloqué par celle-ci.

Au passage, ça veut dire que l'idée d'infiltration horizontale du pétrole dont j'ai parlé dans l'article précédent serait annulée par ce problème. Cette idée pouvait justifier une présence de pétrole loin dans la plaque maritime. Mais si le pétrole se perd dans la mer parce que justement, il peut s'infiltrer dans la roche pour finir par la traverser, il n' y a plus de possibilité d'avoir du pétrole du coté de la plaque maritime. Et donc, on se retrouve avec le problème soit de l'absence totale de pétrole (parce qu'entièrement perdu), soit d'un champ sous forme d'une très fine bande.

On pourrait penser que le pétrole pourrait être bloqué sous la plaque terrestre. Mais, déjà, il faut voir que la plaque tectonique maritime s'enfonce très rapidement sous la plaque terrestre, à au moins 45°. Le pétrole n'est formé qu'à 2 km maximum (en profondeur et en longueur) du début de l'enfoncement de la plaque maritime. Et la zone de formation du pétrole pétrole elle-même ne s'étant que sur 1 km de large. En supposant que le pétrole se répande sur une largeur plus importante en remontant, ça ne laisserait environ que 2 km de large maximum pour retenir le pétrole. Donc, de toute manière, le champ serait très mince, comme déjà souligné précédemment.

Il y a deux possibilités concernant la retenue du pétrole par la roche terrestre. Soit la roche est immédiatement imperméable au pétrole (donc, juste au dessus de la couche de débris), soit elle l'est seulement après.

Si la roche terrestre est imperméable tout de suite au pétrole (c'est à dire que le pétrole ne s'enfonce pas dans la roche. Il est tout de suite bloqué par celle-ci), alors, vu que la plaque maritime fait un coude avec la plaque terrestre, on n'est pas dans une situation ou il y aurait un ou des creux. Donc, normalement, le pétrole devrait remonter le long du coude et ressortir dans la mer.

La roche terrestre est immédiatement imperméable au pétrole. Celui-ci remonte donc dans la couche de débris et est perdu dans la mer.


Parfois, sur certaines représentation de la zone de subduction, il y a un endroit du coude qui est à plat. Ce qui supposerait qu'éventuellement, le pétrole pourrait resté stocké dans cette zone si la roche terrestre était immédiatement imperméable. Mais alors, soit le pétrole reste dans le coin du coude, et dans ce cas, il y a toujours le problème de la largeur du champ de pétrole. Soit il s'étend vers la mer, et dans ce cas, il devrait atteindre la jonction de la plaque et ressortir.

Mais, en fait, il ne doit pas y avoir de zone horizontale. Sinon, ça voudrait dire que la plaque maritime est passée en dessous de la plaque terrestre. Et du coup, la plaque maritime n'aurait aucune raison de faire un coude après. Elle passerait sous la plaque terrestre. Donc, ce qui doit se passer, c'est que la plaque maritime est carrément arrêtée par la plaque terrestre et passe en dessous. Et ça ne fait logiquement pas un angle à 45°, mais à presque 90°. Donc, il n'y a pas de zone permettant le stockage du pétrole. Le pétrole remonte le long de la roche terrestre, mais il n'a aucun endroit où s'arrêter. Et pas question que ça biseaute la plaque terrestre. Parce qu'on retombe sur le fait que du coup, la plaque maritime ne s'enfoncerait pas à 90°, mais glisserait sous la plaque terrestre. Il faut vraiment un choc frontal avec la plaque terrestre pour qu'il y enfoncement de la plaque et pas glissement.

Deuxième possibilité, le pétrole remonte dans la roche terrestre (qui n'est donc pas imperméable au début).

Déjà, bien sur, il faut que le pétrole remonte dans un creux. Parce que sinon, avec une zone plate, le pétrole pourrait s'infiltrer sur les cotés de la zone est être perdu (dans la mer, dans l'air, ou dans le magma). Et avec des zones inclinées vers le haut, il remontrait, puis glisserait le long de la zone imperméable avant de ressortir vers la mer ou à l'air libre. Et il faut que le haut du creux soit bien au dessus de la zone de formation du pétrole. Sinon, du coté de la montagne, le pétrole risque de se retrouver dans le flux magmatique. Et bien sur, cette configuration très particulière de creux exactement au bon endroit risque d'être assez rare. Donc, il y aura plein d'endroits ou il ne pourra pas y avoir de pétrole dans la montagne (et donc pas de pétrole du tout, puisqu'on a vu qu'aux autres endroits, il ne peut pas y en avoir).

Seule solution viable. Le pétrole remonte dans la roche terrestre, qui est perméable au début, mais qui ne l'est plus après quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres. Le problème, c'est que la largeur du champ est alors de seulement 1 ou 2 kilomètres maximum.


On pourrait avoir une zone faisant partie d'un large creux sous la montagne. Et donc, le pétrole se retrouverait d'abord en périphérie du grand creux, puis remontrait vers le haut de la montagne au sommet du grand creux. Mais ça semble difficilement possible, parce que le sommet du creux aurait toutes les chances de se retrouver alors dans le flux de magma ; ce qui entrainerait la perte du pétrole.

Le creux est plus large. Oui, mais du coup, le magma remonte dedans.

En fait, en supposant que la montagne ait une pente de 45°, ça voudrait dire que chaque kilomètre fait en hauteur entrainerait un kilomètre fait en longueur. Donc, comme une montagne de hauteur moyenne fait seulement dans les 6 ou 7 kilomètres de haut, ça voudrait dire que la zone de stockage du pétrole n'aurait qu'une largeur maximum de 4 ou 5 kilomètres. En effet, on peut penser que dans la zone des 6 ou 7 km de profondeur, le magma est présent et donc, brulerait le pétrole. Donc, si grand creux il y avait, il ne ferait que 4 ou 5 km.

Donc, même si le pétrole avait l'opportunité de rester sous la plaque terrestre, le champ n'aurait qu'une largeur minuscule.

En plus, on peut se dire que si le pétrole peut passer, peut-être que le magma pourrait lui aussi passer. Donc, il y a quand même de fortes chances qu'il y ait une infiltration de magma dans le grand creux en question.

Bien sur, ce genre de chose ne pourrait pas se passer de l'autre coté, du coté mer ou air, puisqu'il n'y aurait pas assez de place pour le grand creux. Le sommet du grand creux devrait être à l'air libre. Et donc, en fait, on n'aurait qu'une pente remontante.

Si le creux était plus large de l'autre coté, évidemment, le sommet tomberait dans le vide. Donc, on n'aurait en fait qu'une pente ascendante. Et le pétrole ressortirait dans l'eau ou à l'air libre.

Et en plus, a priori, on n'a quasiment pas trouvé de pétrole en montagne. Donc, il ne semble pas qu'on défende ce genre de théorie.

Donc, la seule possibilité qu'il y ait du pétrole dans une zone de subdution, c'est que celui-ci remonte dans la roche de la plaque terrestre (donc, la roche est perméable au départ, mais ne l'est plus après), et qu'il y rencontre une petite ou une grande zone en creux. Grande zone en creux qui ne peut se retrouver que vers la terre. Et même si ces conditions sont présentes, le champs n'aurait qu'une largeur de 4 ou 5 km, maximum. Et il se trouverait dans la montagne.

Donc de toute manière, au mieux, on n'aurait qu'un champ extrêmement mince, et surtout de faible capacité. On n'aurait pas de champ géant. Mais la plupart du temps, il ne devrait rien y avoir du tout.

16 juin 2008

Le problème de la largeur et de la forme des champs de pétrole créés dans une zone de subduction

Comme on a pu le voir, il y a seulement deux ou trois champs de pétrole ou de gaz issus d'une zone de subduction, alors qu'il devrait y en avoir beaucoup plus. Mais en plus, ces deux ou trois uniques champs n'ont pas la largeur et la forme qu'ils devraient avoir.

En effet, vu les conditions de formation du pétrole, des champs issus d'une zone de subduction devraient avoir une largeur et une forme particulière.

Un tel champ devrait avoir une largeur très faible. Comme le pétrole se forme sur une zone d'une largeur de moins d'un kilomètre, le champ qui en résulte devrait avoir une largeur qui devrait ne pas être tellement plus importante que ça (1 km). Peut-être que ça pourrait faire 2 ou 3 kilomètres, en tenant compte de la dispersion du liquide durant la remontée. Mais pas tellement plus. Tandis qu'en ce qui concerne la longueur, ça peut être très long, puisque le phénomène d'accumulation devrait se faire tout le long de la cote (mais, comme on l'a vu, on ne trouve quasiment pas de pétrole sur les zones de subduction). Et donc, le champ devrait avoir une largeur très faible par rapport à sa longueur.

Donc, la largeur ne devrait pas dépasser 2 ou 3 km. Et le champ devrait avoir une forme très allongée.

Donc, on se demande comment il se fait que les champs issus d'une zone de subduction qu'on nous présente, font des centaines de kilomètres de largeur et qu'ils ont une répartition dont la forme tient plus du rond ou du carré que de la fine bande.

Alors, bien sur, on pourrait répondre que la nappe de pétrole se répandrait par capillarité dans la zone ou elle s'accumule, s'étendant donc plus loin que là ou elle était lors de la remontée.

Seulement, déjà, ça voudrait dire que le champ pourrait se disperser jusqu'à disparaitre. Donc, ça ne tient pas tellement. Et puis, sur des dizaines de millions d'années de dispersion, le champ s'étendrait sur des milliers de kilomètres.

Ensuite, il faudrait que l'extension par capillarité se fasse plus rapidement que l'avancée de la plaque. Ca n'est pas impossible. Mais autant, on peut éventuellement comprendre que ça soit le cas quand le pétrole remonte (même si on ne voit pas trop pourquoi ça devrait remonter vu que le pétrole est pris dans la roche). Mais, une fois remonté, a priori, le phénomène de capillarité devrait être bien moins rapide que l'avancée de la plaque. Et du coup, puisqu'il est piégé dans la plaque tectonique, le pétrole devrait rester sur le point de subduction. Et on devrait donc se retrouver avec un champ qui aurait la forme décrite au départ, à savoir une forme très allongée avec une largeur de seulement 2 ou 3 kilomètres.

Et puis même si le pétrole arrivait à s'étendre du coté de la plaque maritime, il ne pourrait pas s'étendre du coté terrestre. Ceci parce que de ce coté là, il est sensé y avoir du magma. Donc, le pétrole serait brulé par le magma. Du coup, le champ devrait s'étendre seulement du coté maritime. Et il devrait donc avoir une forme de demi-cercle. Or, on n'observe pas de champs d'une telle forme. Donc, même cet argument de l'extension par capillarité ne tient pas.

En fait, ça ne devrait même pas avoir la forme d'un demi-cercle. Parce qu'il ne faut pas oublier que la plaque maritime avance vers la plaque terrestre. Donc, vu que le pétrole s'étendrait à partir du point de subduction, le pétrole partant sur les cotés devrait avoir une vitesse vers la mer moins grande que le pétrole étant exactement à l'inverse du mouvement de la plaque tectonique. C'est comme quand on essaye de remonter le courant d'une rivière. Si on va exactement dans le sens inverse du courant, on va remonter le courant plus vite (et donc plus loin dans un temps donné) que si on remonte en biais. Là, le pétrole allant exactement dans le sens inverse du mouvement de la plaque tectonique va aller plus loin que le pétrole allant en biais. Donc, on devrait se retrouver avec un champ ayant soit la forme d'un trèfle à 3 feuilles, si le pétrole qui va en biais arrive quand même à aller plus vite vers la mer que la plaque tectonique n'avance vers la terre ; soit avec un champ ayant une pointe partant vers la mer, un champ en forme de T quoi, si le pétrole partant sur les cotés est refoulé vers la zone de subduction. Mais évidemment, aucun des très rares champs présent sur une zone de subduction n'a cette forme.

Bref, encore un argument contre la théorie biotique.

12 juin 2008

Temps de formation du pétrole et vitesse de descente des plaques tectoniques

On nous dit que la formation du pétrole une fois la subduction de la plaque maritime est engagée prend des millions d'années, voir des dizaines de millions d'années. Et on nous dit par ailleurs que le pétrole se forme entre 2 km et 3 km sous la surface ; donc, sur 1 km en tout (bien sur, on se demande comment il peut y avoir du pétrole à plus de 6 km sous la surface. Mais bon).

Seulement le problème, c'est que les plaques tectoniques avancent d'entre 1 et 10 cm par an. Donc, ça veut dire que l'enfoncement de la plaque se fait lui aussi de 1 à 10 cm par an (puisque ça s'enfonce à 45 degrés : 1 km d'avancée entraine 1 km d'enfoncement). Donc, pour faire 1 km, en avançant de 10 cm par an, il faut seulement 10.000 ans. En avançant de 1 cm, il faut 100.000 ans. Bref, puisque la formation du pétrole se réalise seulement dans cette zone des 2 à 3 km, il ne faut qu'entre 10.000 et 100.000 ans pour que les débris de plantes se transforment en pétrole.

Mais en fait, le temps de formation du pétrole est forcément réglé sur la vitesse maximum d'enfoncement des plaques. S'il y a possibilité que le pétrole se forme quand la plaque est à la vitesse maximum (10 cm par an), alors, ça veut dire que le pétrole se forme tout le temps au minimum à cette vitesse là (peut-être plus vite, mais pas plus lentement). Donc, puisqu'il y a des plaques tectoniques qui avancent de 10 cm par an, ça veut dire que le pétrole se forme au maximum en 10.000 ans. Peut-être qu'il se forme plus vite (par exemple en 2000 ans), mais il ne peut pas se former plus lentement. Et c'est probablement encore moins que ça, puisque, il y a quelques centaines de millions d'années, certaines plaques devaient avancer plus rapidement que maintenant. Peut-être que certaines avançaient de 15 ou 20 cm par. Donc, on pourrait alors tabler sur un temps de formation du pétrole de maximum 7000, voir 5000 ans.

Donc, on est très loin des millions ou dizaines de millions d'années de la théorie.

A piori, ça ne change pas grand chose pour le reste du problème. On peut dire qu'on s'est trompé et changer la théorie pour une version avec un temps de formation du pétrole sur 10.000 ans. Mais ça montre quand même le n'importe quoi de la théorie. Puisque les promoteurs de la théorie officielle ne sont même pas foutus de faire un calcul aussi simple.

Mais, si on reste avec la théorie officielle du temps de formation du pétrole, alors, avec des vitesses de descente des plaques tectoniques aussi rapides, le pétrole n'a pas eu le temps de se former. Surtout qu'il semble qu'on dise qu'au carbonifère, les plaques allaient légèrement plus vite que maintenant.

Il faut aussi changer les calculs pour la vitesse de remontée du pétrole. Il faut que ça remonte de plus de 1 km en 10.000 ou 20.000 ans. Sinon, ça s'enfoncerait avec la plaque. Seulement, jusque là, on devait certainement dire que la remontée prenait des millions ou des dizaines de millions d'années.

Alors, on pourrait dire que c'est le processus en entier qui prend des dizaines de millions d'années. Le temps que les algues et le plancton tombent au fond des mers en quantité suffisante et qu'ils soient transportés par la plaque tectonique jusqu'au point de subduction, puis qu'ils se transforment en pétrole. Et on pourrait donc dire que les dizaines de millions d'années ne concernent que la phase de transport des débris de plantes jusqu'au point de subduction. Mais même si ce qu'on peut lire de la théorie officielle est souvent assez évasif et flou concernant le temps que prennent les diverses étapes du processus, il semble bien que les millions d'années concernent également le moment ou la transformation en pétrole se fait (c'est à dire, dans le bande des 2 à 3 km dans le sol). Voici quelques extraits de sites parlant de la formation du pétrole :

Voici ce que dit Alain Préat, géologue apparemment à la faculté des sciences (voir ici) :

Cette transformation a lieu dans ce que les pétroliers appellent la 'fenêtre à huile', où se produit la 'cuisson' du kérogène, située pour un gradient géothermique normal (1° pour 33 m d'enfouissement) entre environ 1000 m (à 60°C) et 4000 m (110-120°C). Là se forment donc, pendant plusieurs dizaines de millions d'années, l'huile et le gaz à partir des roches mères (généralement argileuses) ayant conservé la matière organique en quantité suffisante.

Le deuxième extrait vient de Memo, un site sur l'histoire (voir ici) :

Un autre facteur va conditionner l'apparition du pétrole : le temps. L'élévation de température doit se dérouler pendant une période suffisamment longue pour «cuire» les ingrédients de départ. Ainsi, des dépôts contenant de la matière organique et exposés à de basses températures, mais sur une longue période de temps, peuvent produire du pétrole d'une manière aussi efficace que des dépôts plus récents soumis à des températures plus élevées. Le temps est alors dit géologique, et correspond à des périodes qui atteignent plusieurs dizaines de millions d'années.

Donc, apparemment, la théorie officielle parle bien de millions d'années, et même de dizaines de millions d'années pour la période de transformation du kérogène en pétrole.

Pourquoi a-t-on sorti la théorie de la formation du pétrole vers les 2 km de profondeur ? Parce que plus profondément, vu que c'est sensé se faire sur une zone de subduction, et que la subduction entraine la création de montagnes généralement volcaniques, ça aurait été juste dans la zone magmatique (ou en tout cas, en remontant, ça aurait été dedans). D'où problème. Donc, il fallait que ce soit dans la zones des 2 ou 3 km. Pas moins profond parce qu'on avait déjà trouvé du pétrole à 1 km (et aussi que pour les conditions de formation du pétrole, ça n'aurait pas fait sérieux), mais pas plus profond à cause du magma. Donc, les conditions géologiques supposées de formation du pétrole laissaient juste une petite fenêtre pour la formation du pétrole.

Evidemment, comme déjà dit plus haut, il y a un petit problème : on a trouvé du pétrole à des profondeurs bien plus importantes que 2 ou 3 km.

08 juin 2008

Très peu de pétrole off-shore près des zones de subduction

Selon la théorie officielle, le pétrole maritime se forme lorsque les résidus d'algues accumulés au fond de la mer s'enfoncent sous la terre. Ceci parce que la plaque tectonique s'enfonce sous une plaque continentale (phénomène de subduction). Les conditions de la formation du pétrole sont alors réunies.

Bon, comme déjà vu, bien sur, la théorie officielle n'est pas gênée par le fait que le milieu des océans est vide de vie. Mais bon, passons.

Ce qui est important, c'est que puisque ce phénomène est sensé être général, on devrait avoir du pétrole à tous les endroits où il y a une zone de subduction. Voici une carte des zones de subduction.

cliquer sur l'image pour l'agrandir

Les zones de subduction sont celles où les flèches vont l'une vers l'autre.

Il devrait donc y avoir des champs géants sur toute la cote ouest de l'Amérique du Sud.

Le Japon devrait également avoir des champs géants sur sa cote est.

Et enfin, pour l'Inde, ça dépend. Si la zone était sensé être déjà terrestre au carbonifère, il ne devrait pas y avoir de pétrole. Sinon, il devrait y avoir là aussi des champs géants dans le nord de l'Inde.

Voici une deuxième carte.


Cette deuxième carte n'est pas très claire (on ne sait pas si ce sont des zone uniquement de subduction ou s'il y a en plus des zones de frottements entre les plaques). Mais si les zones avec les triangles sont des zones de subduction, ça ajouterait alors toute la zone de subduction qui va de Java au Bangladesh en passant par l'ile de Sumatra et la cote ouest de la Birmanie, ainsi que la zone qui remonte de la droite de l'Indonésie, puis la cote est des Philipines, jusqu'au Japon (et qui continue jusqu'à un tout petit bout de la cote ouest de la Russie). Toutes ces zones devraient avoir des champs off-shore géants.

Ca ajouterait aussi la zone nord du Moyen-Orient. Là, on a le même problème que pour l'Inde. Est-ce que c'est considéré comme ayant été une zone maritime au carbonifère ? Mais, cela dit, pour justifier la présence de pétrole en Irak, Iran, etc..., je crois qu'on dit que c'était une zone maritime. Donc, il est possible que selon la théorie officielle, il doive y avoir des champs géants de pétrole dans la zone nord du Moyen-Orient.

Vérifions maintenant ce qu'il en est. Ben, quand on regarde les cartes des zones pétrolifères à ces endroit là, on constate qu'il n'y a quasiment aucun champ géant de découvert.

En Amérique du Sud, les seuls gisements off-shore de la cote ouest se trouvent en Equateur. Partout ailleurs, il n'y a rien. En Amérique Centrale, il n'y a rien sur la cote ouest.



Du coté du Japon, il y a une minuscule production de gaz dans la région de Tokyo et de Niigata. Et la production de pétrole est marginale (quelques kbbls/j).

Et du coté de la ligne Java/Sumatra/cote ouest de la Birmanie/Bangladesh, on a du pétrole off-shore uniquement au niveau du Bangladesh. Il y a du pétrole off-shore en Indonésie (Java/Sumatra), mais pas du bon coté. Il y en a sur les cotes est. Mais c'est à plus de 400 km du début de la zone de subduction.

Du coté de la ligne qui commence à droite de l'Indonésie, puis remonte vers la cote Est des Philippines, jusqu'au Japon, il n'y a rien.



Pour les deux zones (Inde et nord du Moyen-Orient) qui prêtent à interrogation sur le fait que c'était des zones maritimes au carbonifère, il n'y a pas de pétrole à ces endroits.

Le nord de l'Inde ne contient pas de pétrole (il y a bien la zone de Barmer, mais elle semble être avant la zone de subduction. Et ce n'est pas un champ géant, loin de là).



Et le nord du Moyen-Orient pareil. Il y a des champs avant la zone de subduction, quelques uns après, mais apparemment pas à l'endroit de la zone de subduction.



Bien sur, vu qu'il y a du pétrole partout, probablement qu'on en découvrirait si on cherchait dans ces zones. Mais en tout cas, pour le moment, ce qu'on constate, c'est que :

1) S'il n'y a pas de pétrole, et que les compagnies pétrolières ont exploré ces zones, la théorie officielle est alors contredite par les faits

2) Si les compagnies pétrolière n'ont pas cherché de ce coté là, qu'il y ait du pétrole ou pas, ça veut dire que les compagnies pétrolières ne croient même pas à leurs propres théories, puisque, pour le pétrole off-shore, elles auraient du chercher le pétrole en priorité dans ces zones là.

Donc, la théorie de la formation du pétrole off-shore dans les zones de subduction bat légèrement de l'aile. Si les compagnies pétrolières, soit ne croient pas à leur théorie, soit l'ont essayé et n'ont rien trouvé, la crédibilité de celle-ci est de zéro.

D'ailleurs, une chose amusante est que presque partout où il y a une zone de subduction encore maritime, c'est en fait sur la cote opposée du continent ou de l'ile qu'on a trouvé la quasi totalité du pétrole off-shore. C'est le cas pour l'Amérique du Sud, où c'est sur la cote Est qu'il y a plein de pétrole off-shore. C'est le cas pour la zone longeant Sumatra et Java, où on trouve du pétrole sur la cote Est de ces iles. Et on en trouve aussi sur la cote Est de l'Inde, qui est en face de cette zone de subduction (cela dit, c'est vrai qu'il y en a sur les cotes du Bangladesh, mais quand même). C'est le cas pour la zone qui remonte vers le Japon. où le pétrole off-shore des Philippines se trouve bien à l'ouest de la zone de subduction. Je crois que c'est aussi le cas pour le Japon. Il y a du pétrole off-shore à l'ouest du Japon (en mer de Chine), mais pas à l'est.

Et même pour les zones de subduction qui ne sont plus maritimes (Nord de l'Inde et Nord du Moyen-Orient), on trouve du pétrole à coté, avant, après, la zone en question, mais a peu près jamais dessus. C'est à dire à l'endroit qui devrait correspondre à la production maximum de pétrole d'origine maritime selon la théorie officielle).

05 juin 2008

Le problème de la formation du pétrole en mer du nord

Le pétrole en mer du nord


Un peu comme pour le pétrole du golf du Mexique, il ne devrait pas y avoir de pétrole en mer du nord, puisque c'est très loin de la zone de subduction. Or, vu que la plaque maritime descend sous la plaque continentale avec un angle de 45 degrés, le pétrole devrait se trouver au minimum à 200 km sous la terre. En effet, avec une pente de 45 degrés, une avancée horizontale de 1 km entraine une descente verticale de 1km. Et le pétrole se trouve à au moins 200 km du début de la plaque continentale.

Et s'il remontait lorsqu'il est à 10 km sous la terre, il devrait se trouver à 10 km du bord de la plaque continentale, et pas aussi loin dans la plaque continentale.

Mais, en fait, cet endroit n'est même pas concerné par cette problématique, puisqu'à cet endroit du plateau continental, a priori, la théorie officielle dit qu'il n'y a pas de zone de subduction. Donc, on ne peut pas justifier de la présence de pétrole en mer du nord par la théorie de la formation maritime du pétrole. C'est à dire la formation du pétrole à partir des restes d'algues qui seraient tombés au fond de la mer et qui se seraient retrouvés loin sous le sol à cause de l'enfoncement de la plaque maritime sous la plaque continentale.

Certains pourraient ressortir la théorie de la formation du pétrole à partir des lacs. J'ai déjà montré que cette théorie de la formation de pétrole dans les lacs ne tient pas. Mais dans le cas présent, elle tient encore moins. La mer du nord est une mer très peu profonde. Elle fait en moyenne seulement 95 mètres de profondeur. Et encore, il y a des zones relativement profondes (dans les 700 mètres) qui font monter la moyenne. Mais dans plein d'endroits, la profondeur moyenne est plutôt de 40 mètres. Et il ne semble pas que les champs de pétrole et de gaz soient dans la zone où la profondeur est proche de 700 mètres.

On peut se dire que la configuration du terrain n'a pas changé. A priori, ce n'est pas une zone avec une faille ou autre point de contact de plaque tectonique. Donc, il n'y a pas de raison que ça ait été plus profond au carbonifère que maintenant. D'ailleurs, il ne semble pas que qui que ce soit du coté officiel ne défende cette idée.

Donc, vu que la mer recouvre ces zones complètement, on peut se dire qu'à une époque ou il n'y avait supposément qu'un lac, ces zones ne devaient pas être complètement couvertes, et donc, que la hauteur d'eau était moins importante. On peut penser à 20 mètres. Pour un lac, ce n'est pas terrible. Le lac le plus profond du monde est le lac Baïkal, qui fait dans les 1637 mètres au maximum. Le problème, c'est que sans profondeur, on voit mal comment justifier de la formation de pétrole.

Déjà, on ne voit pas comment le matériel biologique aurait pu tomber au fond du lac sans qu'il soit recyclé par d'autres organismes vivants (microscopiques ou macroscopiques). Autant, pour le fond des mers, on comprend éventuellement que ça n'ait pas été recyclé par des animaux, ni décomposé rapidement par des micro-organismes, à cause de la grande profondeur, autant pour un lac de 20 mètres de profondeur, ça semble complètement impossible. Donc, il n'y aurait pas pu y avoir d'accumulation du matériel biologique au fond du lac.

Mais si ça avait été le cas, la couche de végétaux morts aurait rapidement atteint 10 ou 20 mètres. Et il n'y aurait plus eu de lac. Et vu les champs géants qu'on peut trouver en mer du nord, une hauteur de végétaux morts de 20 mètres semble un minimum.

Par ailleurs, comme on ne défend pas l'idée, du coté officiel, qu'il y a eu évolution géologique à cet endroit, on voit mal comment du pétrole se serait retrouvé à plus de 2000 mètres sous le sol. Et même beaucoup plus. Par exemple, Total a découvert un champ de 5600 mètres de profondeur sous la mer à Glenelg (la mer étant profonde de seulement 100 mètres à cet endroit). Soit il y avait un trou de plus de 5600 mètres, soit il y a eu d'énormes mouvements de terrain, soit les résidus d'algues se sont retrouvés là par l'opération du saint-esprit. Mais comme personne ne parle de trou de 5600 mètres, ni de mouvement de terrain qui aurait fait que les éléments à la surface se seraient retrouvés 5600 mètres plus bas, il ne reste plus que la troisième solution.

Surtout qu'on nous dit que si les plantes ne se sont pas décomposées, c'est parce qu'à l'époque, il n'y avait pas de micro-organismes pour le faire (mais pour un lac de 20 mètres de profondeur, il reste le problème des animaux macroscopiques), mais par contre, il y en avait pour ensuite transformer les plantes en pétrole. Grosse contradiction.

Autre contradiction, on nous dit que s'il y a du charbon qui s'est formé dans le nord de la France, en Belgique et en Allemagne (dans la Ruhr), c'est que les arbres étaient près des cotes et ont été recouverts rapidement et régulièrement par la mer. Seulement, comme c'est près de la manche et de la mer du nord, ça aurait voulu dire qu'il y aurait eu une mer à cet endroit. Une mer qui aurait été plus haute que maintenant, puisqu'elle aurait recouvert des zones actuellement loin de la mer. Mais comment peut-il y avoir une mer, alors que pour justifier la présence de pétrole, on nous parle de lacs, et de la mer qui se serait retirée loin à cause de la période glacière ?

Eh oui, ça fait beaucoup de problèmes.

Le problème de la théorie officielle, c'est qu'elle est dépendante du climat, des zones de subduction, parfois de l'absence de mer, de la présence de lacs, de forets, de mouvement des zones géologiques, de la présence de vie maritime, de l'absence de micro-organismes décomposant les plantes, bref, de plein de trucs. Alors qu'avec la théorie du pétrole abiotique, il n'y a pas tous ces problèmes.

24 mai 2008

La cause de la théorie que le pétrole s'est formé seulement au Silurien, Jurassique et Crétacé : pas de proto-pétrole

On nous dit que le pétrole s'est formé essentiellement au Silurien (-443, -416 millions d'années), Jurassique (-200, -145) et Crétacé (-145, -65), et que depuis ce temps, il n'y en a plus eu qui s'est formé.

On laisse les gens dire que du pétrole a continué à se former après ces époques là et qu'il continue à s'en former un petit peu chaque jour. Mais la théorie officielle reste bien celle-là : pas de pétrole formé après -65 millions d'années.

Pourquoi cette théorie ? Ben tout simplement parce que si on disait que la pétrole s'est formé de façon continue et qu'il y en a encore qui se forme petit à petit de nos jours, il y aurait plein de pétrole en cours de formation, c'est à dire du proto-pétrole (et plusieurs types de proto-pétrole, en fonction de l'avancée de la transformation). Or, du proto-pétrole, il n'y en a pas. Donc, pour expliquer ça, il fallait une théorie disant que la production du pétrole s'est arrêtée il y a très longtemps. Ainsi, pas besoin d'expliquer l'absence totale de proto-pétrole.

Evidemment, on ne comprend pas très bien pourquoi du pétrole n'aurait pas continué à être produit pendant des millions d'années. Les conditions ayant amené à sa production n'avaient pas tellement changé. C'est d'ailleurs pour ça que plein de gens pensent que du pétrole a continué à se produire après ces époques là. Eh oui, c'est logique. Mais dans ce cas, il y aurait du proto-pétrole ; et il n'y en a pas.

Donc, soit on a une théorie assez illogique, mais pas contredite par l'absence de proto-pétrole, soit on a une théorie logique, mais contredite par l'absence de proto-pétrole. Les concepteurs officiels de la théorie de la formation du pétrole on préféré avoir une théorie bizarre mais pas contredite par les faits.

Evidemment, avec la théorie du pétrole abiotique, il n'y a pas ce problème. Vu que tout se déroule à grande profondeur, c'est normal qu'on ne trouve pas de proto-pétrole.